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Apéro I performance I rencontre avec Charles Robinson
19 Avril À 19h
 



   
Extrait 
Ça sent qu'on est au bord...
d'Anne Lefèvre I création 2017
Je ressens endure pressens suspecte redoute une pression dingue cinglée démente dans les artères surchargées de la ville qui s’époumone / un truc à fleur de machettes / des coulées de boue acide / un flot fébrile de membres épars désarticulés hébétés rouges de menace / un chassé croisé de corps fous dépourvus de contours / une déferlante de bras, cuisses, poitrines, hanches, bassins, fesses, sexes détachés des têtes et des cœurs affolés horripilés / des bousculades en cascade dans les rues survoltées / l’assaut cynique des dominants / la débandade des perdus / des essaims d’élites en cavale armes aux poings, yeux en éclair / le pays rugit de vacarmes insensés / trop de voitures / trop de piétons / trop de poussettes / trop de vélos / trop d’atomes qui se cognent s’entrechoquent s’écrasent les uns contre les autres / s’ignorent désespérément / s’ignorent désespérément de s’ignorer / s’entrechoquent désespérément de s’ignorer / se tuent de s’ignorer / se tuent d’être ignorés / se tuent d’ignorer. Je sens trembler l’univers. Se fissurer les je. Se dévoiler les cadavres de nos vraisemblances. S’exposer le fiel de nos outrecuidances.
Jusqu’à quand le silence de nos viols ? L’impunité de nos crasses ? Le blanchiment de nos ordures ? Ainsi font font font laideurs magouilles et confusions.
Sentiment d’insécurité à tous les carrefours. Limite atteinte. Limite du supportable atteinte. Limite humaine atteinte. Sur l’autoroute. Dans les rues. Dans les trains. Dans les gares. Dans les aéroports. Sentiment que ça / tout / crève par défaut de sourire. Par creux d’amour. Par peur de. Par manque de. Toit. Travail. Viande. Vêtements. Amis. Lectures. Temps. Arrêts. Pause. Respiration. Poésie. Souffle. Tendresse. Attention. Délicatesse. Prévenance. Ça court bouscule s’égare crie revendique s’avachit frappe s’évertue s’énerve s’agace vote dévote appelle le miracle fantasme le loto convoque le mage déboute le sage
Ça sent qu’on est à bout
Ça sent qu’on est au bord
Ça sent qu’on marche sur les morts
Ça sent qu’on est des morts en marche
Ça sent qu’on s’aime pas quand on est mort
Ça sent qu’on est à crocs et à crans.
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